Interletral, L'apprentissage interactif de la linguistique et de la littérature
1
1.4. Discours et subjectivité
1.4   |   Notions

Discours et subjectivité

Selon Émile Benveniste, le langage n'est pas le résultat d'un processus de fabrication, il n'est pas une forme extérieure pour l'expression d'une intériorité préexistante, mais il est constitutif de l'être humain.
1.4.1   |   Notions
Énonciation, deixis, modalisation
Lorsqu'il utilise la langue dans un contexte, l'énonciateur s'approprie d'un appareil formel qui lui permet de s'adresser à un énonciataire et de prendre position par rapport à son énonciataire, par rapport au monde et par rapport aux énoncés précédents. La subjectivité de l'énonciateur laisse des traces dans ses énoncés à travers la deixis, à travers les modalités de l'énonciation et à travers les modalités appréciatives et logiques de l'énoncé.
1.4.2   |   Notions
Registres et tonalités
La notion de registre prend en compte la manière dont la langue est adaptée à la situation dans laquelle elle est utilisée, du point de vue du sujet traité et du cadre social dans lequel l'énoncé est formulé, du point de vue du mode et du canal choisis, du point de vue de la relation entre l'énonciateur et l'énonciataire et du point de vue des objectifs de l'énonciateur.
1.4.3   |   Notions
Discours et histoire, monde commenté et monde raconté
Benveniste distingue, d'une part, le discours, qui est un énoncé ou un ensemble d'énoncés qui conserve les traces de son énonciation, et, d'autre part, l'histoire, qui efface toute trace de son énonciation et se présente comme objective. Certains temps verbaux sont utilisés pour construire le discours, d'autres temps verbaux sont utilisés pour construire l'histoire.